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Le repentir du peuple de Musa, sur lui la paix

Le repentir du peuple de Musa, sur lui la paix



Qatada rapporte d'après al-Hasan : « Musa, sur lui la paix, se tourna vers son Seigneur Tout Puissant, pour Lui demander de pardonner à son peuple l'adoration du veau. Allah répondit : « Ô Musa ! Il n'y a pas de pardon pour eux, sauf s'ils se donnent la mort. » Musa, sur lui la paix, retourna vers les siens et dit : « Ô Peuple ! Allah a refusé votre repentir, sauf si vous vous tuez. C'est cela votre repentir. « Ceci est meilleur pour vous auprès de votre Créateur. » (al-Baqara : 54). Ils répondirent : Ô Musa ! Nous endurerons l'ordre d'Allah Tout Puissant. » Ils regrettèrent ce qu'ils avaient fait et Musa, sur lui la paix, prit d'eux l'engagement qu'ils feraient preuve de patience face à la mort et au décret. « Oui » firent-ils. Le lendemain, ils se levèrent dans la cour des maisons, où chaque père était seul avec ses fils. Musa enjoignit à ceux des Banu'Isra'il qui n'avaient pas adoré le veau, de se munir de leurs épées et de tuer tous ceux qu'ils rencontreraient. Ils marchèrent dans le champs en disant : « Qu'Allah fasse miséricorde à celui qui ne se met pas debout, ne lève pas le regard, ne se défend ni par le main ni par le pied, et ne se lève pas de sa place, jusqu'à ce qu'Allah applique Son jugement. » Ils tuèrent tant et si bien qu'un homme des Banu Isra'il se rendit auprès des siens, qui étaient assis dans la cours de leurs maisons, en s'écriant : « Ceux-là sont vos frères. Ils sont venus en brandissant l'épée. Craignez Allah et soyez patients, car la malédiction d'Allah et des anges est sur tout homme qui se met debout, se lève de sa place, les fixe du regard ou se protège d'eux de la main ou du pied. » Ils répondirent : « Amin ! »

Ibn'Abbas rapporte : « Quand ils reçurent l'ordre de s'entretuer, les gens demandèrent : « Ô Messager d'Allah ! Comment pouvons-nous tuer les pères, les fils et les frères ? Allah fit alors descendre sur eux une obscurité qui les empêcha de se voir les uns les autres. Ils les tuèrent donc. Puis, ils s'enquirent : « Ô Musa ! Quel est le signe de notre pardon ? » Il répondit : « Que les épées et les armes cessent de tuer et que l'obscurité qui vous enveloppe se dissipe ! » Ils tuèrent au point que le sang fut à la hauteur de la taille et ils s'y enfoncèrent. Les enfants lancèrent en direction de Musa : « Ô Musa ! Grâce ! Grâce ! » Musa pleura devant Allah Tout Puissant, qui fit descendre Sa miséricorde. Les armes cessèrent de tuer. Musa cria : « Cessez de tuer vos frères, car la miséricorde est descendue. » L'obscurité se dissipa, laissant apparaître les morts. » Ibn 'Abbas ajoute : « Leurs morts sont martyrs et leurs survivants sont graciés ».


Titre : Les repentis
Auteur : Ibn Qudama Al Maqdissi
Page : 50-51

Le repentir du peuple de Yunus, sur lui la paix et la bénédiction

Le repentir du peuple de Yunus, sur lui la paix et la bénédiction



Ibn 'Abbas relate : « Lorsque Yunus, sur lui la paix et la bénédiction, désespéra de la foi de son peuple, il invoqua son Seigneur contre eux. Il dit : « Seigneur ! Mon peuple a refusé tout autre chose que la mécréance ! Envoie Ton châtiment sur eux ! » Allah Tout Puissant l'informa : « Je vais envoyer le châtiment sur ton peuple. » Yunus les quitta aussitôt et les menaça du châtiment au bout de trois jours. Il s'en alla avec sa femme et ses deux jeunes enfants. Il se mit en route et les laissa. Il escalada une montagne d'où il pouvait voir les habitants de Ninive et guetta le châtiment. Allah Tout Puissant envoya Gabriel : « Va voir Malik, le gardien du Feu, et ordonne-Lui de tirer du vent pestilentiel (samum) de la Géhenne une quantité équivalente au poids d'un grain d'orge. Prends-le et va cerner les habitants de la ville de Ninive. » Gabriel s'en alla exécuter l'odre de son Seigneur Tout Puissant. Le peuple de Yunus vit de leurs propres yeux le châtiment, qui s'abbatit au moment dont Yunus avait fait part. »

Abu Al-Jald déclare : «  Lorsque le châtiment s'abbatit sur le peuple de Yunus, il se mit à planer au-dessus de leurs têtes comme les parties obscures de la nuit. » Ibn 'Abbas ajoute : « Quand ils eurent la conviction du châtiment, ils se repentirent de leurs péchés et comprirent que Yunus leur avait dit la vérité. Ils le cherchèrent, mais en vain. Ils se dirent : « Rassemblons-nous devant Allah et repentons-nous ! » Ils sortirent vers un lieu appelé Tall Al-Ramad (La colline de la Cendre) et Tall al-Tawba (la colline du Repentir). Mais il s'agit plutôt de Tall al-Ramad. En effet, ils sortirent tous, hommes, femmes et handicapés. Ils emmenèrent avec eux bétails et animaux, mirent d'un côté les nourrices et les nourrissons et de l'autre les animaux et leurs petits. Puis, ils mirent de la cendre sur leurs têtes et des épines sous leurs pieds. Ils portèrent le cilice et la laine, recherchèrent la protection d'Allah en élevant leurs voix avec les pleurs et les invocations. Allah Tout Puissant constata qu'ils étaient sincères. Les anges dirent : « Ô Seigneur ! Ta miséricorde a englobé toute chose ! Tu vas châtier ces adultes parmi les fils d'Adam, mais qu'en sera-t-il des petits et des animaux ? » Allah Tout Puissant répondit : « Ô Gabriel ! Enlève le châtiment qui pèse sur eux, car J'ai accepté leur repentir. » Allah Tout Puissant dit : « Si seulement il y avait, à part le peuple de Yunus, une cité qui ait cru et à qui sa croyance eut ensuite profité ! Lorsqu'ils eurent cru, Nous leur enlevâmes le châtiment d'ignominie dans la vie présente et leur donnâmes jouissance pour un certain temps. » (Yunus : 98).

Abu Al-Jald relate : « Quand le châtiment s'abbatit sur le peuple de Yunus et plana au-dessus de leurs têtes comme des parties obscures de la nuit, les intelligents d'entre eux se rendirent auprès d'un vieil homme, qui faisait partie de leurs érudits qui subsistaient encore. Ils dirent : « Le châtiment que tu vois s'est abbatu sur nous. Enseigne-nous une invocation que nous pourrons adresser à Allah, dans l'espoir qu'Il enlève cette punition. » Il conseilla : « Dites : « Ô Vivant, quand il n'y a plus de vivant ! Ô Vivant, qui redonne vie aux morts ! Ô Vivant ! Il n'y a de dieu que Toi ! » Allah Tout Puissant les délivra de cette peine. »

Titre : Les Repentis
Auteur : Ibn Qudama Al Maqdissi
Page : 51-54

L'attitude des femmes des Anciens Pieux

 C'était d'ailleurs l'attitude des femmes des Anciens Pieux (AsSalafu As-Salîh ). A cette époque lorsqu'un homme sortait de chez lui son épouse lui disait :

« Prends garde à l'acquisition des biens illicites, car nous pouvons endurer la faim mais nous ne pourrons jamais endurer le feu de l'Enfer. » 

Mukhtasar Minhâj al-Qâsidîn Par l'Imâm Ibn Qudâma Al-Maqdisî pag.37 

La fatuité (al-'ujb)

La fatuité (al-'ujb) On rapporte d'après Abû Hurayra - عنه هللا رضي - que le Prophète - وسلن وآله عليه هللا صلى - a dit : « Pendant qu'un homme se pavanait dans deux manteaux et qu'il était plein d'admiration pour lui-même, Allah l'a englouti sous terre où il ne cessera de s'enfonce jusqu'au Jour de la Résurrection ». Le Prophète - وسلن وآله عليه هللا صلى - a dit également : « Il y a trois choses qui sont destructives : une avarice à laquelle on cède, une passion qu'on suit et le fait que l'individu soit imbu de lui-même ». On rapporte qu'Ibn Mus'ûd - عنه هللا رضي - a dit : « La perdition réside en deux choses : la fatuité (al'ujb) et le désespoir (al-qunût) ». S'il les a réunis, c'est parce que le bonheur (as-sa'âda) ne s'obtient qu'au moyen de la recherche (at-talb) et du labeur (at-tashmîr), tandis que le désespéré ne recherche pas et l'homme imbu de lui même croit qu'il a déjà obtenu ce qu'il veut, c'est pourquoi il ne s'active pas. Mutrif - هللا رحمه - disait : « Je préfère passer la nuit en dormant et me lever avec des regrets, plutôt que de passer la nuit debout en prière et de me lever imbu de moi même. » Sache aussi, que la fatuité conduit à l'orgueil, parce qu'elle est l'une de ses causes, car la fatuité génère de l'orgueil et l'orgueil génère beaucoup de vices. Ceci dans les rapports avec les créatures. Envers Allah, la fatuité se rapporte aux actes de dévotion, parce qu'on les trouve grands. C'est comme si le fidèle rappellait à Allah - تعالى - que c'était lui qui les accomplissait en oubliant les bienfaits d'Allah en sa faveur et le fait qu'il a accordé la réussite pour les accomplir, et en s'aveuglant devant les vices qui affectent ces actes. A vrai dire, ne scrute les défauts des œuvres que celui qui craint qu'on ne les accepte pas, parce qu'il les agrée et les admire.

Mukhtasar Minhâj al-Qâsidîn Par l'Imâm Ibn Qudâma Al-Maqdisî - pag 90 

L'amour, du désir ardent de la familiarité et du contentement

Sache que l’amour de Dieu - تعال - constitue la fin ultime des stations spirituelles. Car audelà de l’atteinte de l’amour, toute station n’est que l’un de ses fruits et l’une de ses conséquences, comme le désir ardent (al-shawq), la familiarité (al-uns), le contentement (al-ridhâ), et tout ce qui vient avant l’amour n’est que l’un de ses préludes comme la repentance, la patience, l’ascèse, etc.… Sache également que toute la communauté est unanime sur le fait que l’amour de Dieu et de Son Messager est une obligation. Parmi les témoignages sur l’amour il y a ces paroles divines : « Il les aimera, et eux aussi L’aimeront » (Qurân : 2-165) « Les croyants sont les plus zélés dans l’amour de Dieu » (Qurân : 2-165) Ceci est une preuve de l’affirmation de l’amour de Dieu et de ses degrés variés. De même il est rapporté, dans le Hadîth authentique, qu’un homme a interrogé l’Envoyé de Dieu - سلن و عليه هللا صلى - sur l’heure ultime. Il lui a demandé : « Qu’as-tu préparé pour elle ? L’homme dit : Ô Envoyé de Dieu ! Je n’ai pas préparé pour elle beaucoup de prières ou beaucoup de jeûne, mais j’aime Dieu et Son Messager. L’Envoyé de Dieu - سلن و عليه هللا صلى- lui a dit : « L’individu est avec celui qu’il aime, et toi tu es avec Celui que tu aimes ». Les musulmans après l’Islam ne furent jamais autant réjouis qu’avec cette parole. On rapporte que l’ange de la mort était venu auprès d’Ibrahîm (Abraham), - السالم عليه- pour ravir son esprit. Ibrahîm lui dit : - As-tu jamais vu un ami qui fait mourir son ami ? - Dieu lui révéla : As-tu jamais vu un amant qui détester la rencontre de son bien aime ? - Ibrahîm dit à l’ange de la mort : tu peux ravir mon esprit.
Al-Hasan al-Basrî disait : « Celui qui connaît son Seigneur L’aime, et celui qui aime tout ce qui est autre que Dieu - تعال ,- en dehors de son rapport à Dieu, le fait par ignorance et par déficience de sa connaissance de Dieu. »

Mukhtasar Minhâj al-Qâsidîn Par l'Imâm Ibn Qudâma Al-Maqdisî 

Le moyen d'améliorer les caractères

Le moyen d'améliorer les caractères في بيان الطريك إلى تذهيب ألخالق Tu sais maintenant que la modération des caractères (al-i'tidâl fî l-akhlâqi) représente la bonne santé de l'âme et que le fait de s'en détourner est un mal et un dépérissement. Sache donc que le soin pour l'âme ressemble à celui qu'on applique au corps. En effet, le corps ne naît pas parfait, mais se perfectionne grâce à l'éducation et à la nutrition, l'âme naît imparfaite, mais prédisposée à recevoir la perfection. Or, sa perfection s'acquiert grâce à la purification, l'amélioration du caractère (tadh-hîb al-akhlâqi) et à l'assimilation du savoir (at-taghdhiya bi l-'ilmi). Lorsque le corps est en bonne santé, l'intervention du médecin se limite à préserver cette bonne santé, et lorsqu'il est malade, son intervention consiste à lui procurer la santé ; de même pour l'âme lorsqu'elle est pure et dotée d'un bon caractère, il faut s'employer à la préserver et à lui procurer plus de force, et lorsque la perfection lui manque, il faut s'employer à la lui assurer. La cause qui implique la maladie du corps ne se soigne que par son contraire : Si c'est la chaleur, c'est par le refroidissement, et si c'est le refroidissement, c'est par la chaleur. Les vices de l'âme, qui relèvent de la maladie du cœur, ne peuvent être soignés que par leur contraire. Ainsi, on soigne le mal de l'ignorance par le savoir (marad al-jahli bi l-'ilmi), le mal de l'avarice par la générosité (marad al-bukhli bi l-sakhâ-i), le mal de l'orgueil par la modestie ((marad al-kibri bi ttawâdu') et le mal de la gloutonnerie par le fait de ne plus consommer ce qu'on désire avec appétit. Il faut supporter l'amertume du remède et endurer partiellement les privations pour restaurer les corps malades, il faut supporter la lutte spirituelle et l'endurance pour soigner le mal du cœur. Car la maladie du corps prend fin avec la mort, tandis que le mal du cœur est un tourment qui dure pour toujours même après la mort. Voilà pourquoi, celui qui se charge du soin des âmes des novices et des aspirants ne doit pas les accabler d'entrer de jeu par des exercices spirituels appropriés à une discipline particulière, avant d'avoir connu leurs caractères et leurs maladies, car le remède pour chaque malade n'est pas le même. Ainsi, s'il voit un homme qui ignore la loi religieuse, il la lui enseigne ; s'il voit un homme orgueilleux, il lui impose ce qui incite à la modestie, et s'il voit un coléreux, il lui impose la magnanimité et la mansuétude.
Mais ce dont l'homme qui impose des exercices spirituels a le plus besoin, c'est la force de la résolution (quwwat al-'azmi). En effet, lorsqu'il devient hésitant, sa réussite n'est plus assurée. C'est pourquoi, lorsqu'il ressent en lui-même l'affaiblissement de sa détermination, il doit s'accrocher à la patience. Et si sa détermination décroît, il doit infliger une punition à son âme pour qu'elle ne récidive pas, comme l'avait fait cet homme qui a dit à son âme : « Tu parles de ce qui ne te concerne pas ! Je vais t'infliger comme punition le jeûne pendant une année. »

Par l'Imâm Ibn Qudâma Al-Maqdisî [ Mukhtasar Minhâj al-Qâsidîn ]

Quels sont les Awaliya?

Ghawth Ibn Jâbir -qu’Allâh lui fasse Miséricorde- a dit :

 « Les apôtres ont dit : "Ô ‘Issâ (Jésus) ! Quels sont les Awaliya' de Dieu qui n'auront rien à craindre de Lui et ne seront point affligés ?" ‘Issâ -‘aleyhi sallâm- a dit : "Ceux qui contemplent la réalité intérieure du monde présent au moment où les gens observent son aspect extérieur, ceux qui envisagent l'avenir après la vie dans ce monde au moment où les gens ne font que scruter l'immédiat ; ils ont tué de cette vie ce qui risque de les tuer (ils ont coupé de ce monde ce qui risque de les couper de Allah). Ce sont ceux qui ont renoncé aux choses quand ils ont su que ces choses les abandonneraient un jour, ainsi au lieu d'en amasser, ils s'en libèrent, sans regret. Ils savent que leur manifestation conduit au trépas et que la joie qu'ils y trouvent n'est qu'affliction. Ils refusent ce qui contrecarre ce qu'ils escomptent recevoir et rejettent ce qui, sans raison, s'oppose à sa sublimité. Le monde, devant eux, s'est vidé (d'autres que Allah) ils ne cherchent pas à le remplir. Leurs convoitises meurent dans leurs poitrines sans chercher à les faire renaître. Leurs maisons tombent en ruine sans vouloir les peupler ; bien au contraire, ils les démolissent et, avec leurs matériaux, ils bâtissent leur vie dernière. Puis, ils les vendent pour acheter ce qui leur subsistera éternellement. Ils dédaignent ce monde et, à travers ce refus, ils se montrent enchantés. Ils regardent ses habitants abasourdis, marqués par les signes du châtiment. Aussi, vivifient-ils le souvenir de la mort et font rendre l'âme à la vie. Ils aiment Allah Puissant et Grand, chérissent Son rappel, recherchent Sa lumière et s'y illuminent. Ils s'attribuent la merveilleuse nouvelle mise à leur disposition. C'est par eux que le Livre se dresse et avec lui ils s'élèvent. C'est avec eux que le Livre s'exprime et par lui ils s'extériorisent. C'est le Livre qui les instruit et c'est par lui qu'ils enseignent. Ils ne perçoivent pas une sécurité sans l'espérer, ni une crainte dans les efforts qu'ils fournissent." »


Fuente: Kitab r-Riqqah wa-l-Buka página 3-4

Por Imam Ibn Qudama al Maqdissi

La mort de l'Envoyé d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam)

La mort de l'Envoyé d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam)
IBN QUDÂMA AL-MAQDISSÎ

Sache que, l'Envoyé d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam) représente le modèle parfait. Et il est bien connu que de toutes les créatures, il n'y a pas un être qui soit plus aimé que lui par Allâh (Subhannahu wa ta'âla). Pourtant Allâh - Subhânnahu wa ta'âla - n'a pas retardé le terme de sa vie.
Le Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) « A subi les affres de la mort très durement ».
Al-Bukhârî rapporte dans son sahîh, d'après 'Aisha [rah] : « L'Envoyé d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam) avait près de lui une outre contenant de l'eau. Il se mit à introduire sa main dans l'eau et à essuyer son visage en disant : « Il n'y de Dieu qu'Allâh. La mort a ses affres. »
De même, il est rapporté dans le sahîh d'al-Bukhârî, d'après le hadîth transmis par Anas : « Au momment de son agonie, le Prophète (sallallahu 'alayhi wa sallam) fut très éprouvé. Sa fille Fâtima se mit à dire : quel malheur, O père ! Il lui dit : plus d'épreuve pour ton père après ce jour. »
Ibn Mass'oûd (Radhiallâhu 'anhu) rapporte le récit suivant :
« Nous nous sommes retrouvés dans la pièce de notre mère 'Aisha. L'Envoyé d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam) regarda et les larmes tombèrent de ses yeux. Il nous annonça sa mort puis il nous dit : soyez les bienvenus. Qu'Allâh vous salue avec la paix, qu'Allâh vous garde, qu'Allâh vous protège, qu'Allâh vous unisse, qu'Allâh vous assiste, qu'Allâh vous accorde la réussite, qu'Allâh vous apporte profit, qu'Allâh vous élève, qu'Allâh vous préserve ! Je vous recommande la crainte révérencielle d'Allâh et je vous recommande à Allâh, c'est Lui qui se charge de vous ! Nous lui avons demandé : O Envoyé d'Allâh ! A quand la fin de votre vie ? Il nous dit : la fin est proche. Le retour est vers Allâh, vers le Lotus de la limite, le paradis final et le haut Firdaws. Nous dîmes : O Envoyé d'Allâh ! Dans quel linceul devons-nous vous ensevelir ?
Il dit : dans mes présents vêtements si vous voulez ou dans un tissu yéménite ou un tissu blanc. Nous dîmes : O Envoyé d'Allâh ! Qui doit prier sur toi ? Et nous pleurâmes. Il dit : attendez, qu'Allâh vous prenne en Miséricorde ! Et qu'Allâh vous récompense par le bien pour votre Prophète ! Après m'avoir lavé et enseveli dans mon linceul, mettez-moi sur mon présent lit sur le bord de ma tombe, puis sortez et laissez-mou pendant une heure, car le premier qui doit prier sur moi c'est mon ami et bien aimé Djibrîl ('alayhi as-sallam), puis c'est Mikaël, puis Israfaël puis l'ange de la mort, puis une multitude d'anges. Ensuite entrez chez moi par groupes successifs. Priez sur moi et saluez-moi, mais ne me gênez par aucun éloge déplacé, par aucun bruit ou cri. Que les hommes de ma famille commencent par prier sur moi, ensuite leurs femmes, ensuite vous-même. Saluez ceux parmi mes compagnons qui sont absents ainsi que ceux qui me suivront dans ma religion jusqu'au Jour de la Résurrection. Et je vous prends à témoin que je salue tous ceux qui embrassent l'Islâm. » Rapporté par Tabarânî - hadîth dha'îf djidân
L'Ange Djibrîl ('alayhi as-sallam) vint le voir trois jours avant sa mort, et lui dit :
« O Muhammad ! Allâh m'envoie vers toi et te demande ce qu'Il sait mieux que toi et Il dit : comment te trouves-tu ? Il répondit : je me trouve affligé et je me trouve éprouvé. Djibrîl ('alayhi as-sallam) revint le deuxième jour, lui posa la même question et il reçut la même réponse. A ces instants l'ange de la mort [Malak al-mawt] se présenta et demanda l'autorisation. Djibrîl ('alayhi as-sallam) dit alors : O Muhammad ! voici l'ange de la mort qui te demande l'autorisation. Il ne l'a jamais demandée à un humain avant toi et il ne la demandera jamais à un humain après toi. Il lui dit : Donne-lui l'autorisation d'entrer et il entra. Il se mit devant lui, et dit : Allâh m'a envoyé vers toi et m'a ordonné de t'obéir. Si tu m'ordonnes de ravir ton âme je le ferai et si tu m'ordonnes de la laisser, je la laisserai. L'Envoyé d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam) lui dit : tu ferais ça, O ange de la mort ? Il dit : c'est qu'on m'a ordonné de tobéir. Puis Djibrîl ('alayhi as-sallam) ajouta : O Ahmad ! Allâh aspire ardemment à toi. Il dit alors : Fais ce qu'on t'ordonne O ange de la mort ! A ces mots Djibrîl ('alayhi as-sallam) dit : Paix sur toi O Envoyé d'Allâh ! [as-Salâmou 'aileyka Yâ Rassoulou-LLâh] C'est mon dernier passage sur la terre. C'est toi qui était le but de mes venus dans ce bas-monde. » Rapporté par al-Bukhârî
L'Envoyé d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam) mourrut en étant adossé à la poitrine de son épouse 'Aisha (radhiallâhu 'anha) en portant n vêtement feutré et un manteau ample et épais. Sa fille Fâtima, se leva pour se lamenter en disant : O père ! Tu as répondu à l'appel de ton Seigneur ! O père, le paradis du haut Firdaws est le lieu de ton séjour ! O père ! à Djibrîl nous anonçons ta mort ! O père ! Combien tu es proche de ton Seigneur ! Puis, lorsqu'on l'a mis dans sa tombe elle dit : O Anas ! Comment vos âmes ont-elles pu accepter que vous versiez la terre sur l'Envoyé d'Allâh (sallallahu 'alayhi wa sallam) ? Rapporté par al-Bukhârî

*Ibn Qudâma al-Maqdissî, est Ibn Ahmad 'Abd al-Rahmân Ibn Muhammad Ibn Ahmad Ibn Muhammad Qudâma al-Maqdissî, né à Damas en 651/1253. Il a étudié le hadîth et la jurisprudence Hanbalites avec son père qui était un grand Juge en magistrature [qadhî al-qudah]. Un savant Hanbalî de grande vertu, et d'une grande intégrité, il a appris dans beaucoup d'écoles à Damas. Il est l'auteur de grand ouvrages, tel que « al-Mughnî 'ala moukhtasar al-khalqî » en neuf volumes d'une grande jurisprudence Hanbalites, et aussi bien que d'autres étude dans le principes de Loi Sacrée, de la 'Aqîda, de l'histoire, de la biographie, et du commentaire du coran [tafsir al-qur'ân]. Il est mort à Damas en 620/1223.
Kitâb « Mukhtasar Minhâj al-Qâsidîn » de Ibn Qudâma al-Maqdissî, p.491

Le repentir d’un jeune qui s’est fait beaucoup de tort


Ibn Qudama Al Maqdissi
Wahb Ibn Munabbih relate : « Il y avait à l’époque de Musa –‘aleyhi salam- un jeune homme insolent qui s’était fait beaucoup de tort. Ils l’expulsèrent de leur groupe en raison de son mauvais comportement. La mort se présenta à lui dans une ruine à la porte du pays. Allah Le Très Haut révéla à Musa –‘aleyhi salam- : « Un de Mes amis (Wali) est mort. Va le voir, lave-le et prie sur lui. Dis à tous ceux qui ont énormément désobéi d’assister à ses funérailles pour que Je leur pardonne. » Musa –‘aleyhi salam- fit l’appel parmi les Banu Isra’il, qui arrivèrent en grand nombre. Quand ils furent sur place ils reconnurent le jeune homme et s’écrièrent : « Ô Prophète d’Allah ! C’est lui le libertin que nous avons expulsé. » Musa –‘aleyhi salam- s’en étonna. Allah lui révéla : « Ils ont dit vrai et ce sont Mes témoins, sauf que, lorsque la mort se présenta à lui dans cette ruine, il regarda à droite et à gauche. Il ne vit ni ami intime ni proche, mais constata que son âme était une étrangère, seule et humiliée. Il leva son regard vers Moi et dit :« Mon Dieu ! Un de Tes serviteurs est étranger dans Ton pays ! Si je savais que mon châtiment augmenterait Ton royaume et que Ton pardon diminuerait Ton royaume, je ne Te demanderais pas le pardon. Je n’ai aucun refuge ni aucun espoir si ce n’est Toi. J’ai entendu, dans ce que Tu as fait descendre, que Tu as dit : « Certainement, Je suis Le Grand Pardonneur, Le Miséricordieux ». Ne frustre pas mes espérances ! » « Ô Musa ! Serait-il digne de Moi de le renvoyer alors qu’il était un étranger dans cette condition et qu’il Me demandait d’intercéder auprès de Moi-même et qu’il s’humiliait devant Moi ?! Par Ma Puissance ! S’il M’avait demandé pardon pour tous les pécheurs de la terre, Je le lui aurais accordé en raison de son humilité, de son éloignement. » « Ô Musa ! Je suis la grotte de celui qui est loin de son pays, celui qu’Il aime, son Médecin et celui qui lui fait miséricorde. »


Titre : Les repentis
Auteur : Ibn Qudama Al Maqdissi