La Patience d'Ibn Taymiyyah
Ibn Al-Qayyim :
Et j’ai entendu Cheikh Al-Islam Ibn Taymiyyah, qu’Allah sanctifie son âme, dire : « Il y a dans ce bas-monde un Paradis, celui qui n’y entre pas n’entrera pas au Paradis de l’au-delà. »
Et il m’a dit une fois : « Que me feront mes ennemis ?! Mon Paradis et mon jardin sont dans ma poitrine, où que j’aille, ils sont avec moi et ne me quittent pas. S’ils m’emprisonnent, c’est pour moi une retraite spirituelle, s’ils m’exécutent, je meurs en martyr, et s’ils m’exilent de mon pays, c’est pour moi l’occasion de découvrir un autre pays. »
Et il disait dans sa prison à la Citadelle : « Si je leur donnais autant d’or que peut contenir cette citadelle, cela ne me semblerait pas suffisant pour les remercier de ce bienfait. »
Ou il a dit : « Je ne les ai pas rétribués pour le bienfait dont ils ont été la cause », ou une parole semblable.
Et il disait dans sa prosternation alors qu’il était emprisonné : « Ô Allah, aide-moi à T’évoquer, à Te remercier et à T’adorer de la meilleure manière », un nombre de fois qu’Allah connaît.
Et il m’a dit une fois : « L’emprisonné est celui dont le cœur est empêché de se tourner son Seigneur, et le captif est celui que sa passion a rendu captif. »
Et lorsqu’il fut conduit à la Citadelle, une fois à l’intérieur de son enceinte, il la regarda et dit : {C’est alors qu’on éleva entre eux une muraille ayant une porte dont l’intérieur contient la miséricorde, et dont la face apparente a devant elle le châtiment.} Sourate Al-Hadid - Verset 13
Et Allah sait que je n’ai jamais vu personne jouir d’une vie plus agréable que la sienne, malgré la pauvreté de ses moyens, loin du confort et des délices, et malgré les emprisonnements, les menaces et les persécutions. Malgré cela, il était parmi les gens à la vie la plus agréable, à la poitrine la plus large, au cœur le plus fort, à l’âme la plus joyeuse. L’éclat de la félicité resplendissait sur son visage.
Et lorsque notre peur s’intensifiait, que nos pensées devenaient mauvaises, et que la terre se rétrécissait pour nous, nous allions le voir. Il suffisait alors que nous le voyions et que nous entendions sa parole pour que tout cela s’en aille et se transforme en épanouissement, force, certitude et quiétude.
الوابل الصيب ورافع الكلم الطيب ١٠٩







